Mr Charles Rembault
psychanalyste, psychologue


M. Charles REMBAULT, psychanalyste, psychologue clinicien,
Diplôme de psychopathologie clinique, ancien externe du collège des psychologues du CHU de Montréal, Québec. Consultation adulte / adolescent / enfant. Exerce en libéral et en CMPP.
75 93 2339 7

Voici ce que Freud disait lors de la première séance aux patients qui venaient le consulter :  

             "Vous allez observer que pendant votre récit, diverses idées vont surgir, des idées que vous voudriez bien rejeter parce qu'elles ont passé par le crible de votre critique. (..) Ne cédez pas à cette critique et parlez malgré tout, même quand vous répugnez à le faire ou justement à cause de cela. (..) Donc, dîtes tout ce qui vous passe par l'esprit (..) n'omettez rien de ce qui, pour une raison quelconque, vous paraît désagréable à dire »  

             En d'autres termes, ce qui importe c'est ce qui va être dit. Cela ne vous empêche pas de dire ce que vous avez déjà dit, ou encore ce que vous n'avez jamais dit, il faut en passer par là bien des fois, une analyse ne vous empêche pas cela, en revanche la singularité de la psychanalyse est de vous convier, certainement, à vous "audacer" dans la tâche de dire l'idée qui vous arrive...

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Pourquoi s'adresse t'on à un psychanalyste? 

                Mais pourquoi diable aller faire le récit de ce qui ne va pas? Parce qu'on souffre et qu'on veut aller mieux. Le dire comme ceci ne suffit pas du tout, on n'a pas intérêt à s'agenouiller devant la souffrance, ceux qui viennent ne le font pas d'ailleurs, souvent il y a du temps qui s'est passé entre le moment où on pense à vouloir changer la chose qui cloche et le moment où on décide d'aller consulter pour cela, ce temps c'est aussi celui des essais... Freud disait que la souffrance est un des grands moteurs pour vouloir changer quelque chose, ce qui implique qu'elle n'est pas le seul. Si les séances peuvent être réjouissantes, cela arrive, il n'en reste pas moins qu'on vient pour y traiter des problèmes devenus insupportables.


Qu'est-ce que ceux qui viennent commencent par raconter?

               On raconte d'abord ce qui ne va pas, on avoue parfois des choses embarrassantes, les choses qui ne vont pas comme il faudrait qu'elles aillent, les essais, les tentatives, les ratages... les franchissements. On parle des aléas qu'il y a en amour, du désir qu'on n'a plus, qu'on a ailleurs, de la jouissance aussi des autres jouissances qui paraissent moins importantes mais qui sont pourtant là..
               Certains amènent chez le psychanalyste ce qu'on appelle des symptômes . On pourrait dire que c'est une liste qui s'allonge, personne ne présente tous ces symptômes, il n'est pas la peine de dire qu'un suffit pour en pâtir: on ne peut pas s'empêcher de fumer , de manger , de se masturber , de boire , de regarder , de s'énerver , de pleurer , d'être affecté par les choses qui ne semblent pas en valoir la peine, on ne peut s'empêcher de vomir , de mentir , de rompre , de tourmenter ceux qu'on aime, de se faire mal , etc... ce sont des choses qui se répètent, qui insistent malgré tous les efforts du sujet, cette liste s'allonge donc et chaque occurrence pourrait commencer par "ne peut pas s'empêcher de". On peut toujours dire que ces symptômes ne sont pas si importants voir même stupides au demeurant ils embarrassent absolument ceux qui s'en plaignent. Si l'expérience de l'autre parait inconcevable pour la plupart, on peut déjà voir qu'il s'agit là de fins montages, propres à chacun, ces symptômes existent. C'est là le point: tout ceci est tout à fait réel, mais n'a pas d'origine infectieuse. La discipline psychanalytique a été inventée comme ceci, grace  à celles qui étaient appelées à l'époque les hystériques , ces jeunes filles qui n'avaient pas tout a fait des symptômes en toc puisqu'il s'agissait de paralysies, de cécité, ... oui mais voilà leurs symptômes changeaient, disparaissaient, revenaient, ce qui posait donc des questions de taille sur les rapports entre l'esprit et le corps.
               Et puis il y a ceux qui n'amènent ni symptôme, ni récit précis de ce qui fait défaut, la chose qui leur pose problème est moins bien définie, c'est "tout" et "rien", c'est la vie à venir, c'est la mort. l'angoisse peut annexer des évènements qui paraissent insignifiants et pourtant, l'angoisse est là, impossible de ne pas la remarquer, on la calfeutre plus ou moins lorsqu'elle fait irruption mais elle est grande en intensité.

La méthode (pourquoi la psychanalyse réserve les places les plus importantes à la parole et à la sexualité?)

               En réalité la psychanalyse ne réserve pas de place de choix à quoique ce soit. Le patient est invité à parler de ce qu'il veut, il n'y a pas d'ordre préalablement convenu, que cela soit chemin qui semble mener nulle part ou pas. La psychanalyse n'est pas un pansexualisme, les psychanalystes ne voient pas le sexe partout, en revanche lorsqu'on écoute les patients on retrouve souvent la sexualité, le rapport sexuel, la différence avec l'autre sexe, comme ce qui est au cœur de ce qui les remue. On retrouve cela au quotidien, dans les symptômes, dans les fantasmes. Il y a un mythe très important dans l'antiquité qui est celui de d'Eros et de Psyché, un mythe qui dit beaucoup de choses, presque tout, des rapports qu'il y a entre l'amour et la pensée. Eh bien, les sujets font des symptômes avec la sexualité (Freud), mais ces personnes sont d'abord des êtres parlants (Lacan), c'est pourquoi on pourrait dire avec Freud et Lacan, que les hommes et les femmes fabriquent des symptômes avec sexualité telle qu'ils se la formulent. Ceci n'a l'air de rien comme découverte, mais les applications de cela sont nombreuses et concernent les atermoiements, les questions et les malaises du plus grand nombre.

                La psychanalyse se base sur cette chose que ce qu'on dit sans le savoir, sans s'entendre, a des rapports avec ce dont on souffre. Un sujet qui commence à parler, c'est là où ca commence à tourner au vinaigre avec la sexualité et cela arrive très tôt ("je crois qu'il/elle m'aime" par exemple; "il/elle a quelqu'un d'autre dans sa vie"...), bref une fois que ca commence à "bruisser" à ce sujet, il n'est pas du tout évident que ça aille mieux. Voici que cela va à l'encontre de ce mythe que la psychanalyse a promu malgré elle, parlez et ca ira mieux... Pourtant (c'est le paradoxe) le patient est invité à parler sans se censurer.

Que peut-on espérer obtenir d'une psychanalyse?

               "guérir, c'est moins souffrir et c'est se décider pour ceci ou pour cela" disait Freud, la psychanalyse n'empêche pas cela, mais la psychanalyse ce n'est pas cela. On peut s'adresser à un psychanalyse pour guérir, mais l'analyse ne commence qu'une fois que la crêpe est retournée, une fois que guérir ou non est une question réglée. Faire un travail d'analyse c'est d'abord avoir une interrogation sur ce qui cloche. La guérison comme objectif n'est pas un problème en soi, cela devient problématique quand dans cette discipline, guérir devient le seul objectif. C'est un problème qui ne se pose pas dans un bien d'autres champs. Nul besoin de retourner chez le chirurgien une fois que l'opération a eu lieu; le psychanalyste c'est différent en ceci que son acte nécessite qu'on fasse le tour en parlant, plusieurs fois, du problème. Et ceci prend l'allure d'une marche, d'une mise en marche, celle de la parole du patient, dont il est possible d'établir à l'avance le rythme mais non le lieu ni l'heure d'arrivée, cela serait trompeur. Une psychanalyse est souvent longue et couteuse, et ceux qui viennent pour ceci font un usage de la psychanalyse qui leur est propre qui relève de ce qu'ils y déploient, ceux qui s'y mettent, peuvent espérer non sans effort obtenir un effet sur le rapport qu'ils ont à la vie, à leur être et à leur symptôme. Au contraire, s'il n'y a pas d'interrogation, l'analyse tournera court. L'analyse ne peut se soutenir que d'une liberté de circulation, une liberté de circulation dans la parole de l'autre, des autres, et de la sienne propre.

Mais comment peut-on espérer changer quelque chose qui apparaît aussi solide et étrangement présent qu'un symptôme, en ne faisant que parler?


Ce que dit le psychanalyste (c'est quoi interpréter?)

            C'est quoi parler ? Pourquoi parle-t-on? Du moins comment parle-t-on sur le divan? On se rend compte assez vite que cela n'est pas une parole comme les autres, puisque très vite on se rend compte que ce n'est pas une discussion comme les autres, et même, ce n'est peut-être pas une discussion du tout. Au début l'analyste parle un peu, pose des questions étranges ou étrangement à ras de terre, et ensuite il s'agit plus d'un discours fleuve du patient. Mais Parler ça n'est pas dire et ça n'est pas écrire non plus et pas non plus se taire ni bavarder . Parler ca n'est pas simplement émettre des mots, communiquer, prononcer des choses les unes à la suite des autres... La parole change de statut avec l'analyse, prend une autre nature avec ce dispositif et c'est précisément expérimenter les effets de cette autre nature de la parole qui est recherché dans l'analyse, parce que cette modification produit un certain nombre de changements. Se figurer cela est difficile, mettez l'eau à la place de la parole: les aquariophiles le savent, pour guérir les poissons il ne faut pas manipuler les poissons eux-mêmes mais il faut opérer sur la composition de l'eau. Si le psychanalyste arrive à faire sentir quelle est la nature de la langue avec laquelle parle le patient, celle dans laquelle il baigne, qui est tout autour de lui et avec laquelle il parle, si l'analyste y parvient (en parlant, c'est un paradoxe) cela aura des retentissements dans la vie du patient, certains en témoignent.

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14 Cité Moynet 75012 Paris


Le cabinet de Charles Rembault se situe dans dans le 12ème arrondissement de Paris, près de la mairie. Ce psychologue clinicien prend en charge des enfants, adolescents et adultes pour le traitement de divers problèmes psychologiques.